Pol Taburet

Pol Taburet, né en 1997, est un artiste français d’origine guadeloupéenne diplômé de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy.

Untitled

Pol Taburet, 2021. Collection Pinault.

Strippers Joint and Percocet

Pol Taburet, 2020. Collection Pinault.

Mars

Pol Taburet, 2021. Collection Pinault.

Spitfire

Pol Taburet, 2020. Collection Pinault.

Pool

Pol Taburet, 2021. Collection Pinault.

Anatomy of a Dead Tongue

Pol Taburet, 2021. Collection Pinault.

Biographie

Du vaudou à Francis Bacon et Francisco de Goya, en passant par les jeux vidéo et la trap d’Atlanta,
les multiples inspirations de Pol Taburet reflètent tout le syncrétisme de sa pratique plastique. À 23 ans, il s’illustre déjà par sa percutante peinture figurative qui représente des êtres à la frontière de l’humain et du spectre. De ces toiles d’apparence inquiétante émerge une aura magique, véhiculée notamment par des éclats de lumière peints à l’aérographe. Pol Taburet rend aussi bien hommage à sa
mère qu’aux rites et aux figures liés au quimbois, cet ensemble de croyances et de pratiques vaudoues né en Guadeloupe, dont il est en partie originaire.
Diplômé de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy, ses œuvres sont déjà présentes dans plusieurs collections d’institutions. L'artiste est représenté par la Galerie Balice Hertling, Paris et la Clearing Gallery.

Textes

“À la rencontre des humanoïdes décomplexés du jeune peintre Pol Taburet” par Ingrid Luquet-Gad
— Les Inrockuptibles, 2021.

“Ce que l’on perçoit d’abord, c’est un pur plaisir de peinture. Les surfaces sont tantôt denses et grumeleuses, tantôt translucides et luminescentes. Elles se télescopent et se cannibalisent, se confondent ou s’entrechoquent. Lors de son processus, l’artiste de 23 ans chérit l’imprévu : sans esquisse préparatoire, il tourne et retourne son châssis puis, par l’ajout de quelques détails, vient figer une apparition fugace. Alors, les cavités rougeoyantes deviennent des yeux ; les excroissances molles, des oreilles ou les masses de muscles bandés se fendent d’un sourire carnassier augmenté de grillz.

Alors qu’il entame sa dernière année aux beaux-arts de Cergy, c’est donc en tant que peintre que l’on rencontre celui qui officie aussi sous l’alias Yves Ciroc, se fait parfois clippeur (il a récemment collaboré avec Emma DJ), passa un temps par la mode et se consacre actuellement à un projet de sculptures interactives.

Mais sa pratique de la peinture, d’une érudition décomplexée qui catapulte Jonathan Meese ou Peter Saul dans l’univers des mythologies caribéennes et de la trap américaine, n’est que l’une des multiples surfaces d’apparition de ses vivants humanoïdes qui, libérés des ornières de l’identité, se retrouvent propulsés dans un champ expansif d’énergies électriques.”

“Pol Taburet at CLEARING”
— Art Viewer, 2021.

“L’énergie de la vie nocturne est pratiquement audible dans les peintures de Pol Taburet. Les tons aigus qui surgissent des palettes aux couleurs vives sont mélangés à des sons de basse profonds émis à travers des figures sombres et amorphes. Le travail de Taburet défie le canon de ce qui est considéré comme beau, transformant le grotesque en quelque chose d’érotique, quelque chose qui attire notre attention, même si nous sommes tentés de détourner le regard.

Jeune peintre, Taburet fait le pont entre l’histoire de l’art classique et le cinéma, la littérature et la musique contemporaine. À l’instar des maîtres flamands ou allemands de la fin du Moyen Âge, qui ont représenté des scènes apocalyptiques, des monstres ou des chimères fantastiques, Taburet crée ses propres mondes alternatifs dans lesquels les âmes semblent perdues, et nous, spectateurs, sommes séduits par ces portails de l’enfer.”