Julie Villard & Simon Brossard - Reiffers Art Initiative

Julie Villard & Simon Brossard

Le duo que forment Julie Villard et Simon Brossard opère à la manière d’un méta-organisme. Depuis leur rencontre aux Beaux-Arts de Cergy en 2016, les deux artistes pratiquent un art de la métabolisation dont les formes ne sont jamais finales, toujours potentiellement réutilisables.

Vue de l'exposition "Liste Présentation"

Julie Villard & Simon Brossard, 2020

Megamix Delight II

Julie Villard & Simon Brossard, 2019

Megamix Delight III

Julie Villard & Simon Brossard, 2020

Vue de l'exposition "Menu"

Julie Villard & Simon Brossard, 2018

Beefcake Blossom II

Julie Villard & Simon Brossard, 2019

Up to death with Stilettos

Julie Villard & Simon Brossard, 2018

Klaxon

Julie Villard & Simon Brossard, 2018

Syruping-Shells

Julie Villard & Simon Brossard, 2019

Convulsing Shell IV

Julie Villard & Simon Brossard, 2019

Lonely Toon II

Julie Villard & Simon Brossard, 2020

Biographie

Le duo que forment Julie Villard et Simon Brossard opère à la manière d’un méta-organisme.
Depuis leur rencontre aux Beaux-Arts de Cergy en 2016, les deux artistes pratiquent un art de la métabolisation dont les formes ne sont jamais finales, toujours potentiellement réutilisables. D’échelle humaine, dressées ou pendues, leurs sculptures se donnent frontalement, comme autant de totems archaïques.
Des pièces imprimées en 3D font leur apparition au sein de leurs compositions, la réalisation manuelle, et l’investissement de leurs corps dans les opérations de moulage, de modelage et de ponçage, reste cruciale au sein d’une répartition symbiotique des rôles. En condensant les formes vivantes, humaines et non humaines, leurs objets deviennent des corps autres. Les artistes sont représentés par Exo Exo, Paris.

Textes

"Les sculptures Julie Villard et Simon Brossard, hérauts d'un futur post-humain" par Ingrid Luquet-Gad
— Numéro Art, 2021

“Tout en se disant obsédés par l’opération de collecte et l’accumulation, Julie Villard et Simon Brossard mobilisent un processus de composition qui, des différentes parties, fait oublier la provenance et la fonction préalable. Dans l’espace, l’identification de la forme opère ainsi vis-à-vis de son appréhension globale : celle-ci, alternativement, se tord et se cabre, s’alanguit et s’avachit, se flétrit et dépérit. Condensant les règnes du vivant, humain et non humain, et les registres du “machinique”, quotidien ou de pointe, chaque organisme-totem est enveloppé d’une chair éternelle, qu’elle rutile du fini ultra lisse d’une pièce usinée ou s’obscurcisse de la rugosité d’un minerai.

L’opération de métabolisation dont procèdent les sculptures, conçues au fil des expositions comme autant de familles, est à l’image du processus de travail des artistes : à propos de “MENU”, leur première exposition solo à la galerie Exo Exo à Paris en 2018, ils racontent avoir passé trois mois enfermés dans une salle de bains minuscule, mains et pieds dans l’eau, à souder l’acier avec la laine. Aujourd’hui encore, et quand bien même les premières pièces en impression 3D font leur apparition au sein de leurs compositions, la réalisation manuelle, et l’investissement de leur corps dans les opérations de moulage, de modelage et de ponçage, reste cruciale au sein d’une répartition des rôles symbiotique.”

“Julie Villard & Simon Brossard, deux aliens au pays de l’Art nouveau” par Julie Ackermann
— Beaux Arts, 2018

“Peut-on rire de la fin du monde ? Avec une élégance frivole et coquette, les sculptures de Julie Villard & Simon Brossard s’accordent avec nos anxiétés. Elles prennent la forme de mobiliers fonctionnels humanisés et de figures dégénérées. (…)

L’alcool. C’est souvent par son intermédiaire que commencent bien des histoires. C’est donc sans surprise grâce à lui que débute celle de Julie et Simon. Non pas lors d’un rendez-vous galant ou d’une soirée, mais précisément par le biais d’un bar (le mobilier). Alors étudiants à l’école d’art de Cergy, l’envie prend aux deux amis d’organiser une exposition pour célébrer la fin de l’année : « Pour rassembler les œuvres et les gens, nous avons fabriqué un bar rempli de vin. Ce fut le déclic. Travailler ensemble est ensuite devenu une évidence », explique le duo. Depuis 2016, Julie et Simon partagent ainsi leurs mains et leur cerveau.”

“Love Human Smell : une expo ode au postapocalyptique” par Ingrid Luquet-Gad
— Les Inrockuptibles, 2019

“En retravaillant au sein de leurs sculptures les vestiges matériels du capitalisme tardif et un végétal postnucléaire, Julie Villard & Simon Brossard mettent à nu les imaginaires de notre époque.

Enserrant un ventre mou, des filaments anguleux se tordent sur eux-mêmes. Une tête-fleur de consistance spongieuse les chapeaute. D’un vert brunâtre, l’arabesque végétale luit d’un éclat métallique : couleur carrosserie de voiture ou ventre de scarabée. Ce végétal post-nucléaire (Love the Human Smell, 2018), on l’apercevait déjà lors de MENU, l’exposition solo de Julie Villard & Simon Brossard à la galerie Exo Exo à Paris. Les deux jeunes artistes, qui travaillent ensemble depuis leur rencontre aux Beaux-Arts de Cergy en 2016, hérissaient alors l’espace d’une ribambelle de ces structures arc-boutées et contorsionnées.”