Portrait de Gaspar Willmann

Gaspar Willmann

Gaspar Willmann envisage ses peintures tels des photo-montages. D’abord retouchées sur Photoshop, puis à la peinture à l’huile sur la toile imprimée, ses créations entremêlent ses propres photos et d’autres, trouvées au hasard sur Internet.

JUMAP (sunset 1)

Gaspar Willmann, 2020

JUMAP (Une raison d'aimer)

Gaspar Willmann, 2020

JUMAP (Sunset 2)

Gaspar Willmann, 2020

JUMAP (HDmaines)

Gaspar Willmann, 2020

JUMAP (caresse)

Gaspar Willmann, 2021

JUMAP (Edelweiss)

Gaspar Willmann, 2021

JUMAP (Until a new one comes along)

Gaspar Willmann, 2021

JUMAP (bonne année)

Gaspar Willmann, 2021

JUMAP (VSL)

Gaspar Willmann, 2021

Biographie

Diplômé des Beaux-Arts de Lyon en 2019, Gaspar Willmann envisage ses peintures tels des photomontages.
Héritier critique du mouvement post-Internet, le jeune artiste rouvre la question des images reproduites et trouvées, de leur médiation et de leur circulation dans une société technocratique qui agit sur les affects. Dans son travail, il crée une nouvelle forme, un nouveau corps, en mélangeant la nostalgie de la nature morte traditionnelle avec le langage banal de la société contemporaine.
À partir d’images collectées au hasard, de vidéos, de photoshop et de peinture, il crée un melting-pot d’objets qui, au départ, n’ont aucun sens ensemble, mais qui deviennent des corps visuels sensibles composés de nature, de technologie et de quotidien. L'artiste est représenté par Exo Exo, Paris.

Textes

"Gaspar Willmann, l’artiste qui digère les images du monde post-Internet" par Ingrid Luquet-Gad
— Numéro Art, 2021

“Lorsque Gaspar Willmann, depuis l’époque qui est la sienne, et la nôtre, rouvre la question des images reproduites et trouvées, de leur médiation et de leur circulation, il le fait en héritier critique du mouvement post-Internet dont le cadavre fut laissé pour mort au lendemain de la 9e Biennale de Berlin, en 2016. Les temps ont changé, les corps souffrants se rappellent à l’utopie digitale qui a voulu les dissoudre, et les yeux se dessillent sur les inégalités structurelles entérinées par la rationalité algorithmique. Si l’artiste, diplômé en 2019 des Beaux-Arts de Lyon, se pose en héritier de Seth Price et d’Artie Vierkant, il lui est néanmoins impossible de les célébrer : les “images objets” du second, qui servirent de manifeste (The Image Object Post-Internet publié sur plusieurs sites) à l’art post-Internet, en 2010, opérant un aller-retour permanent entre la sculpture et sa vue d’exposition modifiée, sont déprimantes car elles ouvrent sous nos pieds le gouffre infini du néant. Lors de ses premières années d’études, Willmann entreprend un travail de peinture qui ne le satisfait pas : quel intérêt, autant d’effort pour reproduire ce qui existe déjà, et qui ne mènera la plupart du temps qu’à sa mise en circulation autogratifiante sur les réseaux sociaux ? Il opte alors pour la vidéo en found footage... trop lisse, trop vide, avant de trouver sa tactique: les parasiter l’un l’autre pour briser la surface, maculer le lisse, faire saillir l’affect.”

“Gaspar Willmann : la petite mort” par Antoine Champenois
— ARTAIS Art Contemporaine, 2020

“Au-delà des histoires particulières que Gaspar Willmann fabrique en les recomposant, c’est une histoire de la circulation et de la transformation des images qu’il raconte dans son processus créatif. Dans son ordinateur tourne un fichier photoshop qui manipule une banque de données comme autant d’histoires virtuelles, non pas tant au sens aujourd’hui commun de leur existence numérique mais plutôt au sens de leur potentiel d’existence actuel ou réalisé. Cette fonction virtuelle des images, c’est précisément celle que questionnent les figurations sans sujet, activées par l’artiste dans la vidéo et par l’imagination du spectateur.

« La petite mort » désigne ainsi à la fois la dimension technique du travail de l’artiste, qui fait advenir sur la toile une histoire achevée, et le rapport intime et affectif qui déclenche cet avènement. La vidéo et ses correspondances peintes deviennent alors autant de points d’ancrage subjectifs à partir desquels, par rapprochement ou détachement empathique, nous prenons le temps de penser notre propre rapport au réel dans un monde en perte de vérités.”